dimanche 25 septembre 2016

Juste la fin du monde - de Xavier Dolan

9,5/10 ★ Fiche de présentation du film :

JUSTE LA FIN DU MONDE

  Un film canadien de Xavier Dolan, avec Nathalie Baye, Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel. 
Genre : drame
Durée : 1h35 mn
Sortie en salles le 21 septembre 2016

Résumé :
Après 12 ans d'absence, un auteur de pièces de théâtre retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l'on se dit l'amour que l'on se porte à travers les éternelles querelles, et où l'on dit, malgré nous les rancœurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.


Inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce
Grand Prix du 69ème festival international du film de Cannes 2016
Présenté dans la catégorie « Special Presentations au 41ème festival international du film de Toronto 2016

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Mon point de vue : C'est Xavier Dolan. Ces deux mots veulent tout dire. Ce film est un déchirement extraordinaire. C'est la retranscription parfaite du "je t'aime / je te hais / je crève d'envie de te le dire / je ne peux pas m'exprimer". Nathalie Baye est brillante. Je la savais excellente actrice mais là !... Elle crève l'écran, où a-t-elle pu aller chercher autant de talent !? Gaspard Ulliel est tendre à souhait, on souffre avec lui, Léa Seydoux a parfaitement intégré son rôle et le joue avec grande justesse. Marion Cotillard qui m'apparaît parfois un peu imbue, un peu précieuse, un peu surfaite nous montre ici qu'elle peut interpréter le rôle d'une tendre godiche avec brillo. Respect . Et pour terminer Vincent Cassel qui est égal à lui même lorsqu'il joue des rôles odieux. Sauf que là, Xavier Dolan n'a pas su capter le décalage de l'âge... Il est trop âgé pour ressentir et exprimer ses émotions avec autant de hargne, aussi peu de réserve et autant de violence. On s'adapte quand même, bien entendu, mais c'est moins crédible que si le rôle avait été interprété par un Benoît Magimel. Il aurait été parfait en fils détruit par sa vie, d'où le 9,5/10 au lieu du 10/10.

Ce drame est parfaitement orchestré. Je pense que celui qui a vécu de grandes souffrances familiales, essentiellement faute de non-dits, peut comprendre comment on peut en arriver là. Le message est transmis avec grande justesse. Oui, j'utilise beaucoup de superlatif mais ce film n'est qu'un superlatif de la souffrance affective, un débordement d'émotions et un douloureux constat d'échec.
Je n'ai pas aimé la fin mais pourquoi pas !? Comment pourrais-je juger du talent aussi exceptionnel de ce jeune homme qui deviendra le plus grand réalisateur de sa génération...

mardi 20 septembre 2016

Le mystere Henri Pick - de David Foenkinos

8/10 ★ Voici la quatrième de couverture :

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef d'œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de PIck va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n'était qu'une machination ? Récit d'une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu'un roman peut bouleverser l'existence de ses lecteurs.

 
Mon point de vue : Inutile de présenter cet auteur extraordinaire. David Foenkinos, c'est "je vais mieux", "Charlotte", "La délicatesse" interprété au cinéma par Audrey Tautou et François Damiens, ou encore "les souvenirs". Bref, incontournable. Avec le mystère Henri Pick, il nous surprend, il nous amuse (rares sont les auteurs qui me font éclater de rire quand je suis seule avec mon bouquin !), il nous monte une histoire rocambolesque autour du monde littéraire. Il cite nos chroniqueurs tant aimés ou les grands éditeurs qu'il côtoie, c'est vraiment un grand moment de plaisir. Bien sûr, il nous dresse son aventure tout en douceur, en la ponctuant de petits traits d'actualités ou d'humour non dénués d'intérêt. J'ai beaucoup apprécié. Si j'écrivais, si j'avais ce talent, si j'étais publiée... ce serait exactement avec ce type d'ouvrage ! J'adore !          
Merci Monsieur Foenkinos ne nous apporter autant de rêve. Bon, une petite critique négative, la fin n'est pas tout à fait celle que j'attendais. Je n'ai pas aimé. Elle est trop calculée, étudiée, pragmatiquement matérielle. On est déçus. Mais c'est peut-être le souhait de l'auteur, une chute au sens propre du terme. Il a raison, ça dérange, et on en parle. Donc, c'est réussi quelque part.
N'hésitez pas à le dévorer, vous aimerez, je le sais.

vendredi 16 septembre 2016

V CHIPS DE COURGETTES

V CHIPS DE COURGETTES

Temps : ★ 
Difficulté : ♣ 
Coût : €
Saveur : ♥♥♥
 
INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES

- 2 courgettes
- 1 grand verre de lait
- 100 gr de chapelure
- 1 petit sachet de parmesan râpé ou environ 75 gr
- 1 pincée de cumin 
- 1 cuillère à soupe d'ail en poudre
- Beaucoup de sel, peu de poivre
 

PROGRESSION

- Verser le lait dans un saladier

- Rincer et sécher les courgettes. Les couper en fines rondelles d'environ 5 mn (pas moins, elles ramolliraient et ne tiendraient pas sur la grille du four) et les déposer au fur et à mesure dans le lait


- Verser les ingrédients restants dans un autre saladier, à savoir : la chapelure, le parmesan, le sel, le poivre, le cumin et l'ail en poudre. Bien mélanger

- Sortir la grille du four et la poser à côté du plan de travail. Préchauffer le four à 20
 
- Une fois que les rondelles de courgettes sont bien ramollies, les déposer délicatement sur la grille du four. En général, elle peut contenir les deux courgettes

- Enfourner et cuire pendant une vingtaine de minutes. Lorsque les rondelles sont dorées, retirer la grille du four et déposer les chips dans une jolie coupelle. Servir aussitôt à l'apéritif ou en accompagnement.

Il est possible de les accompagner d'une sauce crémeuse type Saint Moret aromatisé. Succès garanti à l'apéro. Diététiques, elles plairont à tous !
Par contre, moi qui aime les produits un peu épicés, je les trouve un peu "simplettes", un peu fade... Dès que je trouverai l'ingrédient qui relèvera le goût, je complèterai la recette.

PS : pour les personnes qui n'utilisent aucun produit laitier, remplacer tout simplement le lait par de l'eau !

mercredi 14 septembre 2016

Frantz - de François Ozon

9/10 ★ Fiche de présentation du film :

FRANTZ

Un film français de François Ozon, avec Pierre Niney, Paula Baer, etc
Genre : drame
Durée : 1h53 mn
Sortie en salles le 7 septembre 2016

Résumé :
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France.
Mais ce jour-là, un jeune français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand.
Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville et dans la vie de la jeune fille.

 
Présenté dans la catégorie "spécial presentations" au 41ème festival international du film de Toronto 2016
Présenté en compétition officielle au 73ème festival international du cinéma de Venise 2016

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Mon point de vue : Vous allez me dire que je suis romanesque. Oui, vous avez raison. Ce film est le pur produit d'un esprit romanesque. Mais il s'agit quand même de Monsieur François Ozon. On n'est pas obligés d'aimer mais force est de reconnaître que ce réalisateur a un talent fou. Et là où il a vraiment réussi, c'est en donnant le rôle du héros à Pierre Niney, brillant acteur au fil des années qui passent. Je trouve ce jeune homme exceptionnel. Je pense que le film doit son succès à sa prestation.
Je me suis fait piéger à 4 reprises, François Ozon joue avec nos sentiments, nos émotions, voire nos nerfs. Au début, je me suis dit "pourquoi pas ? pas original mais intéressant" et pas du tout, je me suis trompée sur toute la ligne. Puis une seconde fois, je me suis rabattue sur l'évidence et encore une fois, j'étais complètement à côté de la plaque... et ainsi de suite. Donc on s'accroche, on s'attache à ce jeune homme bouleversé par la douleur et à cette jeune fille charmante d'une bonté hors pair qui le suit avec espoir.
Il est rare que 1919 soit évoqué au cinéma. Il est question de l'après-guerre et des douleurs qu'elle a fait subir aux français et aux allemands. Pour une fois, il n'est nullement question de la Shoah ou du "problème juif". Le sujet m'a plu, les acteurs m'ont enchantée, j'ai adoré ce film. Pas de sexe, pas de violence, que de la tendresse et de l'innocence.

Un détail : le passage du noir et blanc à la couleur est magnifique. Il ajoute une touche non négligeable à la beauté du film. Bien trouvé ! Bravo Monsieur Ozon. 
Je vous le recommande vivement.

dimanche 4 septembre 2016

Divines - de Houda Benyamina

9/10 ★ Fiche de présentation du film :

DIVINES
 

Un film français de Houda Benyamina, avec Oulaya Amamra, Deborah Lukumuena, Jisca Kalvanda, Kevin Mischel, etc
Genre : drame
Durée : 1h45 mn
Sortie en salles le 31 août 2016

Résumé :
Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.


Présenté à la 48ème quinzaine des réalisateurs de Cannes 2016
Caméra d'or du 69ème festival international du film de Cannes 2016

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Mon point de vue : Vous vous souvenez de la cérémonie de clôture du festival de Cannes il y a quelques mois ? Si vous l'avez vue, vous ne pouvez pas avoir oublié le moment où Houda Benyamina est montée sur scène... Je vous indique le lien pour vous remémorer ce moment pour le moins surprenant ; regardez à partir de 12:00 mn


Cliquer ici

Je ne vous le cache pas que j'ai eu ... probablement comme beaucoup de monde, (je pense, je ne suis pas en mesure de le savoir) une réaction un peu réticente ! Nous sommes à Cannes, le festival le plus prestigieux du cinéma au monde, Monsieur Laurent Laffite, pensionnaire de la comédie française est le maître de cérémonie et... et, et nous voyons débarquer une fille d'origine arabe (je n'avais jamais entendu parler d'elle) avec toute son équipe, qui commence à parler d'une façon telle que nos sourcils s'en trouvaient relevés. Son langage ne correspondait pas du tout à l'image que veut donner Cannes, son vocabulaire était grossier, elle s'emballait sans retenue... Je me suis vraiment demandé de qui il pouvait bien s'agir ! Elle finit son discours par des youyous... Mais (comme diraient les jeunes d'aujourd'hui - pardon pour la vulgarité !) ... WTF !?
Connement, je me suis dit, je ne vois pas ce qui pourrait me donner envie d'aller voir son film !
Puis je découvre la bande annonce à trois reprises et elle m'interpelle. Je ne fais pas tout de suite le rapprochement mais une expression idiote me remémore immédiatement l'apparition de la réalisatrice à Cannes. Qui ne tente rien n'a rien ! Allez, j'y vais à mes risques et périls !

Et que vais-je découvrir ? Un grand chef d'œuvre, un film remarquable, d'une puissance étonnante, déstabilisant, drôle et dramatique à la fois, tout en finesse malgré la dureté du scénario... Les deux jeunes filles sont si attachantes qu'on voyage avec elle tout au long du film, on comprend leur détresse, des indications nous sont fournies, on passe du tragique au comique en quelques secondes, on s'attache, leur engouement nous porte, on a envie qu'elles s'en sortent car elles le méritent. Je vais donner dans le politiquement incorrect mais nous, bobos ou tout simplement ignorants blancs cathos protégés que nous sommes dans notre milieu, ne pouvons pas connaître ce monde-là. Nous ne pouvons même pas l'imaginer. Les medias nous ont à peu près tout livré sur ces banlieues difficiles mais pas cette innocence-là, pas cette tendresse ou cette forme d'amitié indestructible, aussi palpitante qu'audacieuse (je reprends les termes de Télérama qui dresse une critique formidable). Et nous finissons par nous familiarer avec leur fonctionnement, leur langage, la brutalité de leurs propos et la réalisatrice nous cloue sur place !

Je ne saurais que vous recommander d'y foncer, toutes générations confondues (plus de 15 ans quand même), même si la violence des propos ou des actes montrés ici est parfois douloureuse à supporter. 


Merci madame Benyamina de nous présenter une facette inconnue (à mes yeux tout du moins) de cette nouvelle génération bien abandonnée... Je ne suis pas prête d'oublier votre film ! C'est grâce à des gens comme vous que les mentalités vont changer.

Ce soir j'ai vu "Bande de filles" de Cécile Sciamma, sorti il y a 2 ans. Une critique négative que j'ai lue avait dit que "Divines" n’était qu''un remake. Mais PAS DU TOUT ! Bande de filles est "sympa" si tant est qu'on puisse utiliser ce terme lorsqu'il s'agit de la vie de jeunes filles en difficulté, mais n'a strictement rien à voir avec l'émotion retransmise dans Divines !

mercredi 31 août 2016

Le dompteur de lions de Camilla Lackberg

5/10 ★ Voici la quatrième de couverture :

C'est le mois de janvier et un froid glacial s'est emparé de Fjällbacka. Une fille
à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s'agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu'aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu'un en a fait une poupée humaine. D'autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n'en soit pas à sa première victime.
De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Un femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l'amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de de se douter que pour certains, l'instinct maternel n'a rien de naturel...

Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s'y montre plus indomptable que jamais.

Mon point de vue : Alors pour une fois je ne partage pas tout à fait la dernière ligne de présentation du 9ème bouquin de C. Läckberg. J'ai toujours beaucoup aimé ses romans, je les ai tous dévorés dès leur sortie en format "cher" ! Mon deuxième fils me les offre toujours à Noël ou à la fête des mères mais je ne sais pas si c'est l'âge (moi aussi je vieillis) ou si c'est l'auteure qui perd de sa détermination mais j'ai trouvé ce roman trop surfait. Certes, sur le plan "technique" c'est bien construit. Mais je ne sais pas pourquoi, quelque chose d'essentiel manque à l'appel. C'est plat. Certes, une forme (nouvelle) de violence s'impose dans ce roman mais elle est presque déplacée. J'ai du mal moi même à expliquer ce qui rend fade cet énième suite pourtant sympathique. On dirait que l'auteur a été contrainte d'écrire rapidement, comme sous la contrainte d'un contrat. Je ne sais pas, y'a une truc qui pêche ! J'ai mis des semaines à le finir, ce n'est pas dans mon habitude pourtant !

mardi 23 août 2016

Toni Erdmann - de Maren Ade

7/10 ★ Fiche de présentation du film :

Toni Erdmann

Un film de Maren Ade, avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, etc
Genre : comédie dramatique
Durée : 2h42 mn
Sortie en salles le 17 août 2016

Résumé :

Quand Ines, femme d’affaires d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse ? », son incapacité à répondre est le début d'un bouleversement profond. Ce père encombrant et dont elle a honte fait tout pour l'aider à retrouver un sens à sa vie en s’inventant un personnage : le facétieux Toni Erdmann...
Présenté en compétition officielle au 69ème festival international du film de Cannes 2016
Présenté dans la catégorie "Special Presentations" au 41ème festival international du film de Toronto 2016

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Mon point de vue : Nous découvrons ici une comédie dramatique d'un genre nouveau qui nous apporte de grandes surprises. Heureusement car 2 h 42, c'est un peu long mais la fin est tellement surprenante qu'on en oublie la grande durée du film.

Cette femme bien installée dans sa vie professionnelle n'accepte pas la venue de son père qui, à la suite d'un souci personnel, lui fait la (mauvaise ?) surprise de perturber son quotidien. C'est un personnage hors du commun qui oscille entre le faux clown et le vrai trublion mais qui dans tous les cas va vraiment déranger cette jeune femme pleine d'ambition. Elle hésite, ses sentiments sont partagés, doit-elle le suivre dans ses délires ou le repousser une bonne fois pour toutes ? C'est l'histoire du film. D'aucuns diront que quelques scènes sont à la limite de la vulgarité, certes, je n'en vois qu'une qui s'intègre cependant assez bien dans la vie particulière de cette femme. On peut également critiquer la façon un peu sous-jouée de la femme d'entreprise et le côté surjoué à l'inverse de ce père parfois maladroit qui en fait quand même un peu trop... Mais au fond, le message est puissant et ce papa a tout à fait raison : il en arrive à la faire douter concernant son opinion assez particulière du bonheur. Le but est atteint...

Intéressant. À voir pour l'avant-dernière scène qui nous montre de façon schématisée à travers une robe fourreau, qu'il existe un espoir de sortir de son carcan ! Bien vu. En tout cas, j'ai bien rigolé ! Et toute la salle également ! Ouverture d'esprit requise ah ah ah...

mercredi 17 août 2016

L economie du couple de Joachim Lafosse

7/10 ★ Fiche de présentation du film :

L'économie du couple

Un film de Joachim Lafosse, avec Bérénice Béjo, Cédric Kahn, Marthe Keller, Jade et Margaux Soentjens, etc
Genre : drame
Durée : 1h40 mn
Sortie en salles le 10 août 2016

Résumé :
Après 15 ans de vie commune, Marie et Boris se séparent. Or, c'est elle qui a acheté l'appartement dans lequel ils vivent avec leurs deux enfants, mais c'est lui qui l'a entièrement rénové. À présent, ils sont obligés d'y cohabiter, Boris n'ayant pas les moyens de se reloger. À l'heure des comptes, aucun des deux ne veut lâcher sur ce qu'il juge avoir apporté.
 
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Mon point de vue : Brillamment interprété par Bérénice Béjo, le rôle de la femme aussi exaspérée que désespérée nous prend aux tripes. Elle n'en peut plus. C'est fini. Elle ne comprend pas vraiment pourquoi mais elle sait que ce n'est plus possible. Leur couple ne survivra pas aux années à venir. Mais les enfants sont là... témoins des engueulades et des souffrances parentales. Que faire ? Se séparer, c'est évident, mais en respectant certaines conditions. Or le mari ne veut pas céder aux conditions imposées par sa femme.
Bien mené, ce film reflète en effet parfaitement une situation courante et les acteurs sont si bien dirigés qu'on se croirait dans la réalité. Toutes les scènes sont exclusivement tournées dans l'appartement (à part une seule, bien spécifique à la fin), comme si leur douleur était confinée dans ce lieu exclusivement. C'est bien vu ! Car à l'extérieur, on rejoue son rôle dès que la porte se ferme. On n'a pas forcément envie de s'étaler sur ses difficultés perso.

Je regrette simplement que toute la "faute" soit portée par la femme et non par le mari qui apparaît comme le pauvre garçon abandonné et maltraité, le gentil papa omniprésent pour ses jumelles et parfaitement crédible dans son rôle de gentil. Non, on est toujours deux dans un couple et quand ça foire, ce sont les deux qui sont responsables. Ce n'est pas - comme montré ici - le seul choix de l'un des deux et ici en l'occurrence, de la femme qui apparaît comme méchante, mégère et tellement injuste envers le mari qui aimerait tant rester ! Trop facile ! Et puis, quand on n'a pas le choix, on ne fait pas semblant de continuer à vivre ensemble en dormant plus ou moins dans le même lit et en faisant croire aux enfants que - plus ou moins - rien n'a changé ! Ça ce n'est pas vraiment bien traité !
En tout cas, respect, l'interprétation de la souffrance par Bérénice Béjo est inouïe !

mercredi 3 août 2016

La chanson de l elephant - de Charles Biname

9/10 ★ Fiche de présentation du film :

La chanson de l'éléphant

Un film de Charles Binamé, avec Xavier Dolan, Bruce Greenwood, Catherine Keener, etc
Genre : drame
Durée : 1h50 mn
Sortie en salles le 3 août 2016

Résumé :
À la veille de Noël, la disparition soudaine du docteur Lawrence provoque une onde de choc dans l’institution psychiatrique où il exerce. Le directeur, le docteur Green, veut éviter que la nouvelle devienne publique, car l’hôpital a été récemment au centre d’un scandale. Il entreprend alors de questionner Michael, un jeune homme en traitement qui est le dernier à avoir vu le médecin. Malgré l’avertissement de l’infirmière en chef qui connaît mieux que quiconque le patient, celui-ci entraîne Green dans un jeu psychologique qui le trouble profondément.

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Mon point de vue : Connaissez-vous Xavier Dolan, ce jeune prodige né en 1989 (il a donc 27 ans, c'est invraisemblable d'avoir autant à son actif à cet âge-là...) ? Il s'est fait connaître à 20 ans avec "J'ai tué ma mère" et depuis, il nous offre un film par an. Xavier Dolan sait tout faire, il est réalisateur, scénariste, acteur et producteur. Le 21 septembre, il m'offre un cadeau d'anniversaire, son sixième film : "Juste la fin du monde" avec Nathalie Baye, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel et Gaspart Ulliel, un film que j'attends avec grande impatience !


Mais aujourd'hui, Xavier Dolan est acteur dans ce magnifique thriller psychologique qui avait d'ailleurs déjà été brillamment interprété par Jean-Baptiste Monnier au théâtre (vous savez, ce jeune homme qui avait joué le héros des choristes) en 2013.
Xavier Dolan incarne ce jeune homme perturbé qui doit répondre au directeur de l'hôpital, ancien psychiatre, dans une sorte de huit clos, régulièrement perturbé par la sonnerie du téléphone ou l'apparition de la secrétaire... Le jeune homme aime jouer et fait tourner son interlocuteur en bourrique avant de lui avouer sa vérité ou tout du moins la résultante de ses troubles psychiques... La complexité de la situation donne du piquant à l'œuvre, on ne s'ennuie pas. À voir en VO bien entendu !
J'ai trouvé quelques étonnantes ressemblances avec l'énorme film culte "Vol au-dessus d'un nid de coucou", vous comprendrez lorsque vous le verrez, et d'autres similitudes avec "Il faut qu'on parle de Kevin", ce film épouvantable adapté du roman tout aussi effroyable de Lionel Shriver.
On ne ressort pas complètement indemne, mais quel bonheur que de pouvoir être aussi bousculé émotionnellement par le 7ème art ! Je vous le recommande vivement si vous aimez ce style d'œuvres. Je n'emmènerai pas un jeune enfant, ni même un adolescent sensible.

lundi 1 août 2016

L instant present - de Guillaume Musso

7/10 ★ Voici la quatrième de couverture :

"Souviens-toi que l'on a deux vies. La seconde commence le jour où on se rend compte que l'on n'en a qu'une."


Pour payer ses études d'art dramatique, Lisa travaille dans un bar de Manhattan. Elle y fait la connaissance d'Arthur Costello, un jeune médecin urgentiste. En apparence, il a tout pour plaire.
Mais Arthur n'est pas un homme comme les autres. Deux plus tôt, il a hérité de la résidence de son grand-père : un vieux phare isolé dans lequel une pièce a été condamnée. Malgré sa promesse, il a choisi d'ouvrir la porte, découvrant une vérité bouleversante quil lui interdit de mener une vie normale.
Sa rencontre avec Lisa va tout changer et lui redonner une raison d'espérer. Dès lors, Arthur et Lisa n'ont qu'une obsession, déjouer les pièges que leur impose le plus impitoyable des ennemis : le temps.



Mon point de vue : Pour l'été, c'est vraiment "THE" roman qu'il faut avoir au pied de son transat au bord de la piscine ou à la mer ! C'est vrai que cet auteur reste quand même le roi du suspense. Pourtant, on n'a pas affaire à du grand niveau littéraire mais on se laisse piéger à chaque fois et on rentre dans le jeu, on se demande vraiment comment il va s'en sortir, comment il va finir ses histoires rocambolesques aussi improbables qu'irréelles mais la chute laisse "sur le cul", y'a pas d'autre expression. Bravo Monsieur Musso, vous excellez dans le domaine et on a bien besoin de ça dans notre quotidien pas forcément joyeux tous les jours ! Quelle originalité ! Très sympa. Très bonne fin !