samedi 26 novembre 2016

Moi, Daniel Blake - de Ken Loach

9,5/10 ★ Fiche de présentation du film :

MOI, DANIEL BLAKE

 
Un film britannique de Ken Loach, avec Dave Johns, Hayley Squires, Briana Shann, etc... 

Genre : drame
Durée : 1h37 mn
Sortie en salles le 26 octobre 2016

Résumé :


Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l'obligation d'une recherche d'emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d'accepter un logement à 450 km de sa ville natale pour ne pas être placée en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…
Palme d'Or du 69ème festival international du film de Cannes 2016
Présenté en avant-première lors du 27ème festival du film britannique de Dinard 2016
 
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Mon point de vue : J'avais pourtant été prévenue quelques minutes avant d'aller le film par des amis qui l'avaient visionné 2 semaines auparavant, j'ai regretté d'avoir oublié mon paquet de kleenex !

Quel génie ! J'ai vu tous les films de Ken Loach, donc j'y fonce toujours les yeux fermés. Cette fois-ci pas d'humour, ou si peu... Juste le compte-rendu acide d'une Angleterre victime de son système. On sent l'anti-Thatcher derrière les propos du réalisateurs dans la bouche des acteurs.
J'ai reçu son film comme une quille qui se prendrait la boule destructrice. Les acteurs y croient tellement, le jeu est si juste, la force qui se dégage de leurs situations dramatiques à la limite du supportable nous emporte au-delà de l'acceptable. C'est révoltant. Vous avez envie d'intervenir, d'expliquer, de hurler pour qu'ils se fassent enfin comprendre. C'est tellement injuste ! Vous ressortez de là complètement bouleversés. C'est presque trop ! On ne peut pas imaginer un tel désarroi dû à tant d'incapacité de la part des "responsables" ! Quel gâchis ! Que ce film serve de leçon à tous nos technocrates non concernés par les propres lois qu'ils font voter sans même être concernés par leurs conséquences pratiques !

Lorsque la salle entière reste scotchée à son siège sans décoller, c'est en effet que le film vaut le coup d'être vu ! Belle leçon de vie !

vendredi 11 novembre 2016

La femme gelee - de Annie Ernaux

8/10 ★ Voici la quatrième de couverture :

Elle a trente ans, elle est professeur, mariée à un "cadre", mère de deux enfants. Elle habite un appartement agréable. Pourtant, c'est une femme gelée. C'est-à-dire que, comme des milliers d'autres femmes, elle a senti l'élan, la curiosité, toute une force heureuse présente en elle se figer au fil des jours entre les courses, le dîner à préparer, le bain des enfants, son travail d'enseignante. Tout ce que l'on dit être la condition "normale" d'une femme.

 
Mon point de vue : J'ai adoré ce petit bouquin ! Comment aurait-il pu en être autrement ? Je suis femme, je suis mère de deux enfants, j'ai eu un mari qui travaillait toute la journée, parfois 6 jours et demi sur 7... Je ne peux que me reconnaître à travers ce descriptif merveilleux de la femme sensée être heureuse puisqu'elle ne "travaille pas" (même si elle travaille d'ailleurs c'est ça l'énorme paradoxe !). Ce livre recèle une foule d'informations pour les mères de famille qui s'apprêtent à devenir mère et donc à apprendre à tout concilier pour faire tourner (seule) la baraque, sans reconnaissance bien sûr, en souffrant silencieusement, mais en maintenant le cap tout en gardant le sourire puisque c'est ainsi que ça doit fonctionner !
Le plus de ce petit bouquin, c'est qu'il m'a juste rappelé l'époque de mon enfance, les termes utilisés ont été employés par ma mère ou ma grand-mère, les souvenirs sont revenus à la surface, j'ai pleuré, j'ai ri, j'ai compatis... Merci Annie Ernaux, vous m'avez ravie, vous m'avez replongée dans mes plus belles années tout en traduisant par écrit avec tant de talent, toute la souffrance des femmes à qui on impose un TRAVAIL, je répète T R A V A I L (voire deux !). Extraordinaire ! Aucun homme - je suis désolée messieurs - ne pourrait assurer comme nous le faisons !
Bonne lecture !

mardi 1 novembre 2016

V ALLER-RETOUR DE ST JACQUES - ECRASE DE POMMES DE TERRE AU PESTO DE ROQUETTE

V ALLER-RETOUR DE SAINT-JACQUES AU PIMENT D'ESPELETTE ET SON ÉCRASÉ DE POMMES DE TERRE AU PESTO DE ROQUETTE, CRÈME DE BALSAMIQUE
 
Temps : ★★★☆
Difficulté : ♣♣♧♧ 
Coût : €€ 
Saveur : ♥♥♥♥

INGRÉDIENTS POUR 2 PERSONNES
- 6 grosses coquilles Saint-Jacques
- 8 grosses crevettes ou gambas
- 2 grosses pommes de terre fermes "à purée"
- 1 sachet de salade Roquette
- 1 gousse d'ail
- De l'huile d'olive
- Quelques noix de beurre + 2 càs de crème fraîche
- du sel, du poivre, du piment d'Espelette en poudre et un moulin de cèpes secs
- Du confit de vinaigre balsamique

PROGRESSION

- Cuire les pommes de terre dans une grande quantité d'eau froide salée pendant environ 20 mn. Il faut qu'elles restent tendres mais encore assez fermes pour garder le côté "écrasé" et non celui de "purée"
- Préparer le pesto de Roquette pendant la cuisson des pommes de terre en lavant et séchant la moitié du sachet de salade
- Disposer les feuilles dans un robot avec la gousse d'ail râpée, du sel, du poivre, un soupçon de piment d'Espelette et suffisamment d'huile d'olive pour obtenir une crème onctueuse, soit environ 2 cuillerées à soupe
- Réserver

- Décoquiller les noix de St Jacques, bien les rincer et les sécher sur du papier absorbant
- Décortiquer les crevettes
- Faire fondre du beurre dans une poêle et les faire revenir 2 mn de chaque côté en les retournant souvent, il faut qu'elles soient juste poêlées à feu vif, pour qu'elles restent chaudes à l'intérieur mais cuites le moins longtemps possible
- Juste avant de les sortir de la poêle, saupoudrer de piment d'Espelette et donner quelques tours de moulin de poivre et de cèpes séché. Saler légèrement
- Réserver au chaud
- Chauffer les crevettes dans la même poêle, 1 à 2 mn environ
- Déposer les assiettes dans le four et les faire chauffer

- Égoutter les pommes de terre et les écraser à la fourchette avec peu de beurre et de crème fraîche
- Ajouter le pesto de façon à colorer la purée, comme sur la photo. Trop de pesto tuerait le mélange
- Sortir les assiettes du four et disposer la purée d'abord à l'aide de deux grandes cuillères puis ajouter les coquilles et les crevettes
- Disposer un ou deux traits de confit de Balsamique dans l'assiette et tâcher de présenter un peu mieux que moi... Ce ne sera pas dur ! Ajouter quelques feuilles de Roquette pour la déco.

On peut ajouter une sauce avec les sucs de cuisson de la poêle en ajoutant un peu d'eau et de crème fraîche. Bien battre à la fourchette pour faire mousser et verser immédiatement dans l'assiette
J'ai oublié d'ajouter deux demi-tranches de citron dans la purée. C'est ainsi que le plat avait été présenté dans le restaurant où j'étais allée !

dimanche 25 septembre 2016

Juste la fin du monde - de Xavier Dolan

9,5/10 ★ Fiche de présentation du film :

JUSTE LA FIN DU MONDE

  Un film canadien de Xavier Dolan, avec Nathalie Baye, Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel. 
Genre : drame
Durée : 1h35 mn
Sortie en salles le 21 septembre 2016

Résumé :
Après 12 ans d'absence, un auteur de pièces de théâtre retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine.
Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l'on se dit l'amour que l'on se porte à travers les éternelles querelles, et où l'on dit, malgré nous les rancœurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.


Inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Jean-Luc Lagarce
Grand Prix du 69ème festival international du film de Cannes 2016
Présenté dans la catégorie « Special Presentations au 41ème festival international du film de Toronto 2016

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Mon point de vue : C'est Xavier Dolan. Ces deux mots veulent tout dire. Ce film est un déchirement extraordinaire. C'est la retranscription parfaite du "je t'aime / je te hais / je crève d'envie de te le dire / je ne peux pas m'exprimer". Nathalie Baye est brillante. Je la savais excellente actrice mais là !... Elle crève l'écran, où a-t-elle pu aller chercher autant de talent !? Gaspard Ulliel est tendre à souhait, on souffre avec lui, Léa Seydoux a parfaitement intégré son rôle et le joue avec grande justesse. Marion Cotillard qui m'apparaît parfois un peu imbue, un peu précieuse, un peu surfaite nous montre ici qu'elle peut interpréter le rôle d'une tendre godiche avec brillo. Respect . Et pour terminer Vincent Cassel qui est égal à lui même lorsqu'il joue des rôles odieux. Sauf que là, Xavier Dolan n'a pas su capter le décalage de l'âge... Il est trop âgé pour ressentir et exprimer ses émotions avec autant de hargne, aussi peu de réserve et autant de violence. On s'adapte quand même, bien entendu, mais c'est moins crédible que si le rôle avait été interprété par un Benoît Magimel. Il aurait été parfait en fils détruit par sa vie, d'où le 9,5/10 au lieu du 10/10.

Ce drame est parfaitement orchestré. Je pense que celui qui a vécu de grandes souffrances familiales, essentiellement faute de non-dits, peut comprendre comment on peut en arriver là. Le message est transmis avec grande justesse. Oui, j'utilise beaucoup de superlatif mais ce film n'est qu'un superlatif de la souffrance affective, un débordement d'émotions et un douloureux constat d'échec.
Je n'ai pas aimé la fin mais pourquoi pas !? Comment pourrais-je juger du talent aussi exceptionnel de ce jeune homme qui deviendra le plus grand réalisateur de sa génération...

mardi 20 septembre 2016

Le mystere Henri Pick - de David Foenkinos

8/10 ★ Voici la quatrième de couverture :

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu'elle estime être un chef d'œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l'écrivain et apprend qu'il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n'a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses... Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de PIck va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n'était qu'une machination ? Récit d'une enquête littéraire pleine de suspense, cette comédie pétillante offre aussi la preuve qu'un roman peut bouleverser l'existence de ses lecteurs.

 
Mon point de vue : Inutile de présenter cet auteur extraordinaire. David Foenkinos, c'est "je vais mieux", "Charlotte", "La délicatesse" interprété au cinéma par Audrey Tautou et François Damiens, ou encore "les souvenirs". Bref, incontournable. Avec le mystère Henri Pick, il nous surprend, il nous amuse (rares sont les auteurs qui me font éclater de rire quand je suis seule avec mon bouquin !), il nous monte une histoire rocambolesque autour du monde littéraire. Il cite nos chroniqueurs tant aimés ou les grands éditeurs qu'il côtoie, c'est vraiment un grand moment de plaisir. Bien sûr, il nous dresse son aventure tout en douceur, en la ponctuant de petits traits d'actualités ou d'humour non dénués d'intérêt. J'ai beaucoup apprécié. Si j'écrivais, si j'avais ce talent, si j'étais publiée... ce serait exactement avec ce type d'ouvrage ! J'adore !          
Merci Monsieur Foenkinos ne nous apporter autant de rêve. Bon, une petite critique négative, la fin n'est pas tout à fait celle que j'attendais. Je n'ai pas aimé. Elle est trop calculée, étudiée, pragmatiquement matérielle. On est déçus. Mais c'est peut-être le souhait de l'auteur, une chute au sens propre du terme. Il a raison, ça dérange, et on en parle. Donc, c'est réussi quelque part.
N'hésitez pas à le dévorer, vous aimerez, je le sais.

vendredi 16 septembre 2016

V CHIPS DE COURGETTES

V CHIPS DE COURGETTES

Temps : ★ 
Difficulté : ♣ 
Coût : €
Saveur : ♥♥♥
 
INGRÉDIENTS POUR 4 PERSONNES

- 2 courgettes
- 1 grand verre de lait
- 100 gr de chapelure
- 1 petit sachet de parmesan râpé ou environ 75 gr
- 1 pincée de cumin 
- 1 cuillère à soupe d'ail en poudre
- Beaucoup de sel, peu de poivre
 

PROGRESSION

- Verser le lait dans un saladier

- Rincer et sécher les courgettes. Les couper en fines rondelles d'environ 5 mn (pas moins, elles ramolliraient et ne tiendraient pas sur la grille du four) et les déposer au fur et à mesure dans le lait


- Verser les ingrédients restants dans un autre saladier, à savoir : la chapelure, le parmesan, le sel, le poivre, le cumin et l'ail en poudre. Bien mélanger

- Sortir la grille du four et la poser à côté du plan de travail. Préchauffer le four à 20
 
- Une fois que les rondelles de courgettes sont bien ramollies, les déposer délicatement sur la grille du four. En général, elle peut contenir les deux courgettes

- Enfourner et cuire pendant une vingtaine de minutes. Lorsque les rondelles sont dorées, retirer la grille du four et déposer les chips dans une jolie coupelle. Servir aussitôt à l'apéritif ou en accompagnement.

Il est possible de les accompagner d'une sauce crémeuse type Saint Moret aromatisé. Succès garanti à l'apéro. Diététiques, elles plairont à tous !
Par contre, moi qui aime les produits un peu épicés, je les trouve un peu "simplettes", un peu fade... Dès que je trouverai l'ingrédient qui relèvera le goût, je complèterai la recette.

PS : pour les personnes qui n'utilisent aucun produit laitier, remplacer tout simplement le lait par de l'eau !

mercredi 14 septembre 2016

Frantz - de François Ozon

9/10 ★ Fiche de présentation du film :

FRANTZ

Un film français de François Ozon, avec Pierre Niney, Paula Baer, etc
Genre : drame
Durée : 1h53 mn
Sortie en salles le 7 septembre 2016

Résumé :
Au lendemain de la guerre 14-18, dans une petite ville allemande, Anna se rend tous les jours sur la tombe de son fiancé, Frantz, mort sur le front en France.
Mais ce jour-là, un jeune français, Adrien, est venu se recueillir sur la tombe de son ami allemand.
Cette présence à la suite de la défaite allemande va provoquer des réactions passionnelles dans la ville et dans la vie de la jeune fille.

 
Présenté dans la catégorie "spécial presentations" au 41ème festival international du film de Toronto 2016
Présenté en compétition officielle au 73ème festival international du cinéma de Venise 2016

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Mon point de vue : Vous allez me dire que je suis romanesque. Oui, vous avez raison. Ce film est le pur produit d'un esprit romanesque. Mais il s'agit quand même de Monsieur François Ozon. On n'est pas obligés d'aimer mais force est de reconnaître que ce réalisateur a un talent fou. Et là où il a vraiment réussi, c'est en donnant le rôle du héros à Pierre Niney, brillant acteur au fil des années qui passent. Je trouve ce jeune homme exceptionnel. Je pense que le film doit son succès à sa prestation.
Je me suis fait piéger à 4 reprises, François Ozon joue avec nos sentiments, nos émotions, voire nos nerfs. Au début, je me suis dit "pourquoi pas ? pas original mais intéressant" et pas du tout, je me suis trompée sur toute la ligne. Puis une seconde fois, je me suis rabattue sur l'évidence et encore une fois, j'étais complètement à côté de la plaque... et ainsi de suite. Donc on s'accroche, on s'attache à ce jeune homme bouleversé par la douleur et à cette jeune fille charmante d'une bonté hors pair qui le suit avec espoir.
Il est rare que 1919 soit évoqué au cinéma. Il est question de l'après-guerre et des douleurs qu'elle a fait subir aux français et aux allemands. Pour une fois, il n'est nullement question de la Shoah ou du "problème juif". Le sujet m'a plu, les acteurs m'ont enchantée, j'ai adoré ce film. Pas de sexe, pas de violence, que de la tendresse et de l'innocence.

Un détail : le passage du noir et blanc à la couleur est magnifique. Il ajoute une touche non négligeable à la beauté du film. Bien trouvé ! Bravo Monsieur Ozon. 
Je vous le recommande vivement.

dimanche 4 septembre 2016

Divines - de Houda Benyamina

9/10 ★ Fiche de présentation du film :

DIVINES
 

Un film français de Houda Benyamina, avec Oulaya Amamra, Deborah Lukumuena, Jisca Kalvanda, Kevin Mischel, etc
Genre : drame
Durée : 1h45 mn
Sortie en salles le 31 août 2016

Résumé :
Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.


Présenté à la 48ème quinzaine des réalisateurs de Cannes 2016
Caméra d'or du 69ème festival international du film de Cannes 2016

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Mon point de vue : Vous vous souvenez de la cérémonie de clôture du festival de Cannes il y a quelques mois ? Si vous l'avez vue, vous ne pouvez pas avoir oublié le moment où Houda Benyamina est montée sur scène... Je vous indique le lien pour vous remémorer ce moment pour le moins surprenant ; regardez à partir de 12:00 mn


Cliquer ici

Je ne vous le cache pas que j'ai eu ... probablement comme beaucoup de monde, (je pense, je ne suis pas en mesure de le savoir) une réaction un peu réticente ! Nous sommes à Cannes, le festival le plus prestigieux du cinéma au monde, Monsieur Laurent Laffite, pensionnaire de la comédie française est le maître de cérémonie et... et, et nous voyons débarquer une fille d'origine arabe (je n'avais jamais entendu parler d'elle) avec toute son équipe, qui commence à parler d'une façon telle que nos sourcils s'en trouvaient relevés. Son langage ne correspondait pas du tout à l'image que veut donner Cannes, son vocabulaire était grossier, elle s'emballait sans retenue... Je me suis vraiment demandé de qui il pouvait bien s'agir ! Elle finit son discours par des youyous... Mais (comme diraient les jeunes d'aujourd'hui - pardon pour la vulgarité !) ... WTF !?
Connement, je me suis dit, je ne vois pas ce qui pourrait me donner envie d'aller voir son film !
Puis je découvre la bande annonce à trois reprises et elle m'interpelle. Je ne fais pas tout de suite le rapprochement mais une expression idiote me remémore immédiatement l'apparition de la réalisatrice à Cannes. Qui ne tente rien n'a rien ! Allez, j'y vais à mes risques et périls !

Et que vais-je découvrir ? Un grand chef d'œuvre, un film remarquable, d'une puissance étonnante, déstabilisant, drôle et dramatique à la fois, tout en finesse malgré la dureté du scénario... Les deux jeunes filles sont si attachantes qu'on voyage avec elle tout au long du film, on comprend leur détresse, des indications nous sont fournies, on passe du tragique au comique en quelques secondes, on s'attache, leur engouement nous porte, on a envie qu'elles s'en sortent car elles le méritent. Je vais donner dans le politiquement incorrect mais nous, bobos ou tout simplement ignorants blancs cathos protégés que nous sommes dans notre milieu, ne pouvons pas connaître ce monde-là. Nous ne pouvons même pas l'imaginer. Les medias nous ont à peu près tout livré sur ces banlieues difficiles mais pas cette innocence-là, pas cette tendresse ou cette forme d'amitié indestructible, aussi palpitante qu'audacieuse (je reprends les termes de Télérama qui dresse une critique formidable). Et nous finissons par nous familiarer avec leur fonctionnement, leur langage, la brutalité de leurs propos et la réalisatrice nous cloue sur place !

Je ne saurais que vous recommander d'y foncer, toutes générations confondues (plus de 15 ans quand même), même si la violence des propos ou des actes montrés ici est parfois douloureuse à supporter. 


Merci madame Benyamina de nous présenter une facette inconnue (à mes yeux tout du moins) de cette nouvelle génération bien abandonnée... Je ne suis pas prête d'oublier votre film ! C'est grâce à des gens comme vous que les mentalités vont changer.

Ce soir j'ai vu "Bande de filles" de Cécile Sciamma, sorti il y a 2 ans. Une critique négative que j'ai lue avait dit que "Divines" n’était qu''un remake. Mais PAS DU TOUT ! Bande de filles est "sympa" si tant est qu'on puisse utiliser ce terme lorsqu'il s'agit de la vie de jeunes filles en difficulté, mais n'a strictement rien à voir avec l'émotion retransmise dans Divines !

mercredi 31 août 2016

Le dompteur de lions de Camilla Lackberg

5/10 ★ Voici la quatrième de couverture :

C'est le mois de janvier et un froid glacial s'est emparé de Fjällbacka. Une fille
à demi nue, surgie de la forêt enneigée, est percutée par une voiture. Lorsque Patrik Hedström et ses collègues sont prévenus, la jeune fille a déjà été identifiée. Il s'agit de Victoria, portée disparue depuis quatre mois. Son corps présente des blessures qu'aucun accident ne saurait expliquer : ses orbites sont vides, sa langue est coupée et ses tympans percés. Quelqu'un en a fait une poupée humaine. D'autres cas de disparitions dans les environs font redouter que le bourreau n'en soit pas à sa première victime.
De son côté, Erica Falck commence à exhumer une vieille affaire pour son nouveau bouquin. Un femme purge sa peine depuis plus de trente ans pour avoir tué son mari, un ancien dompteur de lions, qui maltraitait leur fille avec sa complicité passive. Mais Erica est persuadée que cette mère de famille porte un secret encore plus sombre. Jonglant entre ses recherches, une maison en perpétuel désordre et des jumeaux qui mettent le concept de l'amour inconditionnel à rude épreuve, elle est loin de de se douter que pour certains, l'instinct maternel n'a rien de naturel...

Avec ce neuvième volet de la série Fjällbacka, Camilla Läckberg signe un polar crépusculaire et violent. La reine du noir nordique s'y montre plus indomptable que jamais.

Mon point de vue : Alors pour une fois je ne partage pas tout à fait la dernière ligne de présentation du 9ème bouquin de C. Läckberg. J'ai toujours beaucoup aimé ses romans, je les ai tous dévorés dès leur sortie en format "cher" ! Mon deuxième fils me les offre toujours à Noël ou à la fête des mères mais je ne sais pas si c'est l'âge (moi aussi je vieillis) ou si c'est l'auteure qui perd de sa détermination mais j'ai trouvé ce roman trop surfait. Certes, sur le plan "technique" c'est bien construit. Mais je ne sais pas pourquoi, quelque chose d'essentiel manque à l'appel. C'est plat. Certes, une forme (nouvelle) de violence s'impose dans ce roman mais elle est presque déplacée. J'ai du mal moi même à expliquer ce qui rend fade cet énième suite pourtant sympathique. On dirait que l'auteur a été contrainte d'écrire rapidement, comme sous la contrainte d'un contrat. Je ne sais pas, y'a une truc qui pêche ! J'ai mis des semaines à le finir, ce n'est pas dans mon habitude pourtant !

mardi 23 août 2016

Toni Erdmann - de Maren Ade

7/10 ★ Fiche de présentation du film :

Toni Erdmann

Un film de Maren Ade, avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, etc
Genre : comédie dramatique
Durée : 2h42 mn
Sortie en salles le 17 août 2016

Résumé :

Quand Ines, femme d’affaires d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse ? », son incapacité à répondre est le début d'un bouleversement profond. Ce père encombrant et dont elle a honte fait tout pour l'aider à retrouver un sens à sa vie en s’inventant un personnage : le facétieux Toni Erdmann...
Présenté en compétition officielle au 69ème festival international du film de Cannes 2016
Présenté dans la catégorie "Special Presentations" au 41ème festival international du film de Toronto 2016

VOIR LA BANDE ANNONCE
 
Mon point de vue : Nous découvrons ici une comédie dramatique d'un genre nouveau qui nous apporte de grandes surprises. Heureusement car 2 h 42, c'est un peu long mais la fin est tellement surprenante qu'on en oublie la grande durée du film.

Cette femme bien installée dans sa vie professionnelle n'accepte pas la venue de son père qui, à la suite d'un souci personnel, lui fait la (mauvaise ?) surprise de perturber son quotidien. C'est un personnage hors du commun qui oscille entre le faux clown et le vrai trublion mais qui dans tous les cas va vraiment déranger cette jeune femme pleine d'ambition. Elle hésite, ses sentiments sont partagés, doit-elle le suivre dans ses délires ou le repousser une bonne fois pour toutes ? C'est l'histoire du film. D'aucuns diront que quelques scènes sont à la limite de la vulgarité, certes, je n'en vois qu'une qui s'intègre cependant assez bien dans la vie particulière de cette femme. On peut également critiquer la façon un peu sous-jouée de la femme d'entreprise et le côté surjoué à l'inverse de ce père parfois maladroit qui en fait quand même un peu trop... Mais au fond, le message est puissant et ce papa a tout à fait raison : il en arrive à la faire douter concernant son opinion assez particulière du bonheur. Le but est atteint...

Intéressant. À voir pour l'avant-dernière scène qui nous montre de façon schématisée à travers une robe fourreau, qu'il existe un espoir de sortir de son carcan ! Bien vu. En tout cas, j'ai bien rigolé ! Et toute la salle également ! Ouverture d'esprit requise ah ah ah...