Il faut qu on parle de Kevin - de Lionel Shriver

9/10 Voici la quatrième de couverture :

À la veille de ses seize ans, Kevin Khatchadourian a tué sept de ses camarades de lycée, un employé de la cafétéria et un professeur. Dans les lettres adressées au père dont elle est séparée, Eva, sa mère, retrace l'itinéraire meurtrier de son fils.

Il s'agit du livre le plus bouleversant que j'aie lu. Je n'ai jamais été aussi éprouvée à la fin d'un roman, roman inspiré d'une histoire vraie, la fusillade de Columbine, en 1999, dans le Colorado. Ce bouquin retrace la vie de cet enfant perturbé, au sein de sa famille. C'est la mère qui raconte, tantôt accusatrice, tantôt culpabilisant, elle a besoin de se confier comme si elle se rendait responsable du drame. Les erreurs qu'elle a commis dans la jeunesse du futur meurtrier éclatent aux yeux du lecteur. On se demande pourquoi elles n'apparaissent pas clairement aux yeux des parents qui subissent les actes déjà effroyables de ce gamin lorsqu'il est tout jeune. On se révolte, on a envie de leur apporter notre aide. On a l'impression d'avoir la solution ou tout du moins, l'envie de ne pas procéder comme le font ces parents démunis. C'est révoltant, c'est inacceptable, c'est une horreur à l'état pur mais le pire, c'est que ce roman remet en cause les fondements mêmes de la relation mère / fils et père / fils et qu'on se sent concernés -en temps que parents- car on a obligatoirement vécu l'une de ces frustrations, l'un de ces cas de figure, l'une de ces situations ambigües qui posent problème et ne trouvent pas forcément de solution.

Je n'ai jamais vu quelque chose d'aussi déroutant. Je le conseille à un public vraiment averti, à des parents bien sûr, mais des parents de grands enfants. C'est un prodige que d'avoir réalisé une telle œuvre. Je suis admirative car jamais je n'oublierai ce roman invraisemblable. Quel talent ! Et quel final !

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