Beach Music de Pat Conroy

6,5/10 ★ Voici la quatrième de couverture :

Installé à Rome avec sa fille Leah, Jack Mc Call s'est juré de ne plus revenir à Waterford (Caroline-du-Sud), que le suicide de sa femme Shylla et le procès intenté contre lui par sa belle-famille l'ont poussé à quitter. Un télégramme lui annonçant l'agonie de sa mère va cependant le faire changer d'avis.
Dès son arrivée, les souvenirs affluent... Des souvenirs où les drames de chacun renvoient aux commotions de l'Histoire, de l'Holocauste à la guerre du Vietnam, à tout un passé chaotique avec lequel Jack devra se réconcilier.
Les forêts et les marécages de Caroline-du-Sud, les plages et les parties de pêche de l'enfance entourent d'une poésie sauvage cette saga aux mille ramifications.


Pat Conroy, c'est l'auteur qui ne déçoit pas. Quand on a apprécié l'un de ses romans, on a obligatoirement envie d'y retourner ; pas toujours l'un à la suite de l'autre car certains sont des pavés de plus de 900 pages - comme celui-ci - mais on en garde une nostalgie qui nous pousse à se replonger dans une histoire passionnante à rebondissements en Caroline du Sud.

Cette fois-ci l'auteur débute son récit à Rome, le héros et sa fille ont dû s'exiler pour une raison que l'on comprend au fur et à mesure des chapitres. Nous devinons assez rapidement qu'ils vont y retourner car quand on naît en Caroline du Sud, on ne peut pas s'en échapper sans en être réellement décidé. On pourrait presque parler de road movie, bien qu'il ne soit pas question ni de voyage, ni de cinéma. Mais à travers l'un des 5 fils d'une famille dont le passé reste lourd à porter, Pat Conroy nous décrit une vie imprégnée de douleurs. Il enchaîne les histoires dans l'histoire en faisant parler les différents personnages de son roman. Que ce soient ses parents, ses beaux-parents ou ses amis, chacun traîne un passé douloureux, parfois même insurmontable qui nous est conté successivement.

Bien entendu, un lien relie tous ces personnages mais l'ensemble paraît un peu décousu au final. Chaque histoire est différente, on croirait tisser un patchwork ou plutôt l'effiler lentement jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. On dirait que l'auteur a été marqué par divers sujets douloureux ayant eu lieu durant le siècle dernier et qu'il ait tout simplement voulu les énumérer dans un seul et même roman. Pourquoi pas ? Je pense que sa propre expérience personnelle se ressent beaucoup au sein de ce roman-ci, ses déménagements successifs (la perte de repères, le retour au pays) et son passage dans une école militaire (qu'il revit à travers l'épopée du meilleur ami du héros).

J'ai quand même préféré, et de loin, Le prince des marées. Là aussi il est question d'une famille perturbée à jamais par un drame, mais il s'est concentré sur un seul thème. Le roman prend aux tripes ; alors que dans Beach Music, mis à part un douloureux chapitre sur Auschwitz, on survole différentes expériences de vie. Un bon pavé de 922 pages malgré tout pour amateurs de drames.

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